UNESCO

Le Doudou, chef-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'Humanité

 
Le 25 novembre 2005, à 11h, l'UNESCO a proclamé le Doudou " Chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'Humanité ". Les Montois ne périront pas ! 
 

C'est évidemment une récompense énorme pour tous ceux qui oeuvrent, de près ou de loin, à l'organisation de notre Ducasse rituelle. Mais avant tout, cette récompense est certainement celle de tous les Montois. Le public participant est pour beaucoup dans cette reconnaissance internationale. Que serait la tradition sans cette foule immense, sans ces milliers de participants qui communient et qui communiquent, de par leur présence chaleureuse, leur engouement à leur tradition locale. Nous nous devons de continuer à transmettre aux plus jeunes les valeurs de partage et de respect véhiculées tout au long de cette semaine de la Trinité.

Si un enjeu majeur devait être soulevé, ce serait celui-là. C'est un devoir civique pour la perpétuation de nos traditions.

 L'UNESCO conforte le Doudou comme Patrimoine culturel immatériel de valeur exceptionnelle, de par son enracinement dans la tradition locale, son identité culturelle partagée par tous et son excellence dans la maîtrise de l'organisation. Le jury d'experts a été véritablement sous le charme de sainte Waudru, de saint Georges, du Dragon et de leurs acolytes. Notre dossier (pour rappel une candidature commune et partagée avec 10 autres villes) a même été considéré comme un véritable moteur, tirant les autres manifestations sur le chemin de la proclamation. Les autres manifestations belges reconnues sont : la Ducasse d'Ath, le Meyboom de Bruxelles, l'Ommegang de Dendermonde et l'Ommegang de Mechelen.

Nous nous devons aujourd'hui de perpétuer tout au long de l'année les richesses de notre tradition autour du mythe de saint Georges et du Dragon, tout comme celles de l'histoire qui consacre la fondatrice de la Cité, sainte Waudru. La mise en place d'un Centre d'interprétation sur saint Georges trouverait légitimement son ancrage à Mons. De même qu'une " Maison du Doudou " exposant tout au long de l'année les objets relatifs à notre tradition. Nous nous y attèlerons.

Le Proclamation ne modifiera en rien notre Ducasse rituelle. Elle nous confortera sur la scène internationale comme manifestation de grande qualité. Et c'est avec un réel plaisir que nous accueillerons les nombreuses chambourlettes qui devraient sans doute venir découvrir notre tradition dans les années qui viennent.

Le Doudou est aujourd'hui proclamé pour ses nombreux atouts. Nous mettrons tout en œuvre pour les sauvegarder.

Montois et montoises, vous en êtes les garants.

 

Quelques mots sur le patrimoine immatériel et sur l'UNESCO

 

Le concept de patrimoine culturel et immatériel a été développé par l'Unesco pour remplacer le mot folklore ou l'expression Arts et Traditions populaires. Le mot folklore (étude de la vie populaire), d'origine anglo-saxonne, s'est répandu au XIXe siècle en Europe, à côté de sa traduction allemande Volkskunde. Le mot a désigné toute forme de vie populaire mais a pris un sens péjoratif, surtout aux yeux des intellectuels, désignant les aspects les plus caricaturaux de ces manifestations. Il désigne également une vision passéiste et conservatrice de la société.

L'Unesco, Organisation des Nations Unies pour l'Enseignement, la Science et la Culture, est née au lendemain de la seconde guerre mondiale (1946). Elle mène une action importante dans les domaines concernés. Dans le secteur de la culture, l'Unesco a développé des actions internationales de sauvegarde des monuments faisant partie de l'héritage de l'Humanité. Tout le monde se souvient de la campagne menée pour la sauvegarde des temples égyptiens d'Abou Simbel en Nubie. En 1972, l'Unesco a adopté une convention pour la sauvegarde du patrimoine matériel architectural et naturel de l'Humanité. Cette convention, ratifiée par 172 états, établit une liste de monuments ou de sites considérés comme significatifs au niveau mondial. Citons pour la Belgique la cathédrale de Tournai, les beffrois (Tournai, Mons, Charleroi, Thuin,…), les ascenseurs du canal du Centre ou la Grand-Place de Bruxelles.

Le patrimoine oral et immatériel a été défini par des experts internationaux réunis par l'UNESCO comme " les processus acquis par les peuples ainsi que les savoirs, les compétences et la créativité dont ils sont les héritiers et qu'ils développent, les produits qu'ils créent et les ressources, espaces et autres dimensions du cadre social et naturel nécessaires à leur durabilité ; ces processus inspirent aux communautés vivantes un sentiment de continuité par rapport aux générations qui les ont précédées et revêtent une importance cruciale pour l'identité culturelle ainsi que pour la sauvegarde de la diversité culturelle et de la créativité de l'humanité ". L'expression patrimoine culturel immatériel (en anglais : intangible), signifie que les traditions populaires constituent un patrimoine transmis oralement de génération en génération. Contrairement au bâtiment ou au site, la culture populaire n'est pas tangible. Elle se ressent dans l'esprit des gens, dans leurs sentiments, dans leurs croyances ou leurs habitudes. Elle s'exprime cependant au moyen d'instruments ou d'objets et elle se déploie dans des espaces déterminés.

Le patrimoine oral et immatériel recouvre des formes diverses, complexes et vastes d'un patrimoine vivant en constante évolution. Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, l'a qualifié de " melting-pot de l'expression créative et de force directrice des cultures vivantes".

Les géants et dragons processionnels d'Europe occidentale

Notre candidature au titre de chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'Humanité reposait sur le choix d'un certain nombre de villes où les géants et les dragons sont bien vivants depuis plusieurs siècles et sont devenus les emblèmes de la communauté locale. Ils sont les porte-parole de régions où les géants sont actuellement fort nombreux : plus de 1000 en Flandre, plus de 100 à Bruxelles, plus de 500 en Wallonie, environ 50 aux Pays-Bas, 350 dans le Nord de la France.

 
Pour la Belgique, la candidature reposait sur les villes suivantes :
  • Ath (la Ducasse)
  • Mons (le Doudou)
  • Bruxelles (le Meyboom)
  • Dendermonde (l'Ommegang)
  • Mechelen (l'Ommegang)
 
Critères de sélection
 

Les candidatures sont appréciées en fonction de leur concordance avec les six critères établis par le règlement de la Proclamation et étayés par le Jury lors de la réunion de Elche (Espagne, septembre 2001) et dans la mesure où elles représentent :

  • soit une forte concentration de patrimoine culturel immatériel de valeur exceptionnelle;
  • soit une expression culturelle populaire et traditionnelle d'une valeur exceptionnelle du point de vue de l'histoire, de l'art, de l'ethnologie, de la linguistique ou de la littérature.
 
Elles doivent :
  • Démontrer leur valeur exceptionnelle en tant que chef-d'œuvre du génie créateur humain ;
  • Témoigner d'un enracinement dans une tradition culturelle ou dans l'histoire 
 

Presse 

 
La proclamation du 25 novembre 2005 dans la presse
            

La fête du 2 décembre 2005 dans la presse