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Anecdotes

Elles sont véridiques, parfois drôles, croustillantes, émouvantes, parfois moins drôles, visuelles, anecdotiques, inoubliables, marquantes, lointaines, proches... Voici une sélection de petites histoires qui ont marqué la vie du Doudou. Celles qui font aussi qu'une édition n'est jamais l'autre...

  • 1917: Le Combat dit Lumeçon à... Bray-Dunes, sur la côte belge. Un véritable document historique. Le sable du rond était donc authentique. Mais on voit également à l'avant-plan un officier de l'armée, rappelant s'il le fallait que nous sommes en pleine Guerre Mondiale.
  • 1928 : Deux Lumeçon ! Le 7 juillet, le Prince Léopold et la Princesse Astrid ont eu droit, à l’occasion de leur Joyeuse Entrée à Mons, à un Lumeçon joué dans son intégralité sur la Grand-Place. Il y eut donc cette année-là deux Lumeçon, celui de la Trinité ayant eu lieu le dimanche 3 juin
  • 1939: Le jeune Prince Baudouin est l'hôte de marque de Victor Maistriau, le Bourgmestre de l'époque. Les acteurs du Lumeçon ont l'honneur et le privilège d'être présentés au futur Roi.
  • 1944: Le 23 juillet, dans le Stalag 1A, près de Königsberg en Allemagne, les prisonniers montois organisent un "Lumeçon", les prisonniers russes fabriquant le Dragon, le chef de camp prêtant son cheval.
  • 1945 : La Ducasse libérée! Cet officier a retrouvé sa famille et a immortalisé l'évément.
  • 1956: Albert Langue, à l'origine des futures Musiques militaires, était aussi un jazzman accompli. Cette année là, il fut engagé pour accompagner Sydney Bechet lors de sa tournée en Belgique. Juste avant sa prestation bruxelloise, le célèbre musicien demanda à Albert Langue: "Dis donc mon vieux, tu n'aurais pas un air local pour l'offrir aux Belges?" Immédiatement au piano, le Montois lui présenta l'air du Doudou. L'Américain l'adopta de suite. Le soir, ce fut un véritable triomphe. A un point tel que Sydney Bechet l'enregistra sous le titre "El Doudou" avec l'orchestre de Reveloti chez Vogue. Ce disque fit le tour du monde et les meilleures ventes pour l'année 56!
  • 1957: L'anecdote la plus célèbre réalisée autour de la Ducasse, est incontestablement celle de cette bande d'étudiants qui avaient purement et simplement dérobé le Dragon, le Jour J de surcroît. Ces onze étudiants savaient que le Dragon se trouvait dans la cave du Musée des Beaux-Arts. C'est le samedi de la Ducasse, vers 2h, que le drame s'est noué. Après avoir placé une voiture sur le parking du Musée afin de garder un stationnement pour le camion, et bu quelques verres pour se donner du courage, les étudiants se mirent au travail. Le vol de l'animal perpétré, le camion emmena le Dragon à Wasmes, où il fut caché. Le lendemain matin, dès 8h, l'un des étudiants mal inspirés téléphona à la police pour signaler le méfait. Mais il ne fut pas cru. A la Ville, Le Bourgmestre Léo Collard enrageait, menaçait des pires représailles. Les auteurs resonnèrent et donnèrent suffisamment de preuves pour être pris au sérieux. Le Combat a commencé avec plus d'une heure de retard, dans la tension que l'on devine. Inimaginable aujourd'hui. En 1987, pour le trentième anniversaire de leur vol, une partie d'entre eux sont venus demander grâce et pardon, à genoux auprès du Bourgmestre Abel Dubois. Pardon accordé. Les onze "Diables" auteurs des faits: Jacques Rousseau, Jacques Marlot, Pierre Blot, André Vanolande, Serge Vanderstraeten, Albert Nicodème, René Libert, Ernest Carlier, Max Blondiau et Claude Pépin. Un certain Jacques Hamaide (futur Echevin... des Fêtes !) devait aussi participer au vol. Mais au moment de l'action, il ne serait jamais venu.
  • 1958: A marquer d'une pierre... noire. La Ducasse est reportée d'une semaine en raison des élections législatives, se déroulant le 1er juin. Pendant la Procession, un des chevaux tirant le Car d'Or ne peut plus avancer. Le retard pris est très important. Descente de la rue des Clercs: le Dragon rompt sa queue au tout premier coup de queue. Le Dragon arrive sans son appendice dans l'arène. Le public est (très) mécontent et il le montre avec fracas. Saint Georges est désarçonné. La totale!
  • 1958: Du positif malgré tout cette année-là! Le Dragon participe à l'exposition universelle se déroulant à Bruxelles.
  • 1961: Un fonctionnaire communal, également musicien averti, met sur pied un festival de musiques militaires, afin d'assurer d'année en année l'animation générale de la ville pendant les festivités. Depuis, le Festival a vu défiler (au propre comme au figuré) des musiciens du monde entier.
  • 1973: 1er Combat de Georges Raepers en qualité de réalisateur. Premières mesures: le rond est agrandi et le nombre d'acteurs augmenté. Pour la première fois aussi, un véritable scénario sur le déroulement du Lumeçon est rédigé. Le redressement de la Ducasse est initié.
  • 1974: On inaugure le nouveau Dragon... dont la queue en pin craque littéralement sous la pression de la foule, au cours du combat.
  • 1975 : bis repetita. Le Dragon voit de nouveau son long appendice à crin brisé net. En plus, dans la panique, Aramis Tournay, désarçonné, chute de cheval. Heureusement, il put rapidement remonter en selle. "J'ai failli être le réalisateur responsable de la première victoire du Dragon par K.-O. technique", avouera Georges Raepers.
  • 1979: A l'occasion des premières élections européennes, le Doudou est reporté d'une semaine... pour le plus grand plaisir d'étudiants en ayant alors terminé avec leurs examens.
  • 1983: La plus émouvante. Aramis Tournay, après 30 années passées sous le casque et le costume de Saint-Georges, à combattre comme un beau diable, fait ses adieux à la foule. Il était resté dans le rond après son ultime combat. Les Montois, qui ont le cœur sur la main, entament alors un vibrant " Ce n'est qu'un au revoir, Aramis...".
  • 1988: A l'occasion du treizième centenaire de la mort de sainte Waudru, la Procession du Car d'Or est rehaussée par la présence de Leurs Altesses Royales le Prince Albert et la Princesse Paola, futurs Roi et Reine des Belges.
  • 1995: Sous les nouveaux pavés, un piquet tenant la corde cède et se casse, au beau milieu du combat. La légendaire auto-discipline des Montois fit de nouveau ses preuves.
  • 1997: La tradition veut qu'à l'entrée du Dragon sur la Grand-Place, après la descente de la rue des Clercs, un coup de queue fait s'envoler les ballons vendus sur le côté. Mais cette fois, les ballons restent accrochés à la queue pendant d'interminables secondes, les fils s'entremêlant au grand dam des Hommes Blancs.
  • 1998: Jimmy Tournay effectue son 15e et ultime combat sous le casque de saint Georges. Il cède sa lance et donc le relais à son fils Frédéric, au cours d'une vibrante cérémonie d'hommage, réhaussée par la présence de la Princesse Astrid et de l'Archiduc Lorenz.
  • 1999 : Premier combat de Frédéric Tournay dans le rôle de Saint-Georges. 300e anniversaire de la confrérie des Beubeux. En 1999 toujours, la musique arrête de jouer en plein Combat…La Musique du Lumeçon, trompée par la foule, à l’époque trop présente sur le kiosque, masquant ainsi le Combat aux musiciens, confond le deuxième coup de pistolet de St-Georges avec le troisième et fatal coup. Un silence quasi irréel se fit sentir sur la Grand-Place au moment même ou la musique arrête. Seul le réalisateur Georges Raepers se fit entendre dans ce silence accidentel par des « musique, musique,… ». Le bon coté de l’histoire est qu’à la suite de cet incident, le kiosque fut libéré des observateurs à l’avantage de La Musique du Lumeçon.
  • 2000: Une cérémonie en fin de Combat marque le passage au nouveau millénaire. Trois générations de saint Georges (Aramis, Jimmy et Frédéric) se retrouvent dans le rond avec les quatre dragons qu'ils ont combattu. Fait historique: deux jeunes femmes font une entrée remarquée dans le rond parmi les acteurs. L'une symbolise l'ancienne Ville, l'autre la nouvelle.
  • 2001: Cybèle et Poliade, les deux premiers rôles féminins du Lumeçon, font une entrée remarquée dans l'arène. La première symbolise l'ancienne Ville, la seconde représente la Ville moderne.
  • 2002: Nouvelle queue pour le Dragon, réalisée en collaboration avec la Faculté Polytechnique de Mons à partir d'un matériau plus économique, plus résistant et plus léger: la fibre de carbone. Le poids de la queue est ainsi réduit de moitié. Objectif: plus de coups de queue dans le public. Après 30 années passées à la réalisation du Lumeçon, Georges Raepers tire sa révérence. A l'issue du Combat, saint Georges lui offre son sabre en guise de cadeau de départ. C'est Joëlle Wattier, alors actrice incarnant Cybèle, qui le remplace à ce poste.
  • 2003: Premier Combat de Joëlle Wattier en qualité de réalisatrice. Didier Gerhards est quant à lui promu Directeur de Jeu.
  • 2004: C'est devenu une tradition. Chaque année, les Chin-Chins nous réservent une blague, un canular, un clin d'oeil au cours du week-end. Il y eut les perruques rousses soulignant l'arrivée des rôles féminins (dont les cheveux sont, symbolique oblige, absolument roux) dans le Combat. Ou encore le déguisement en Gilles de Binche, des bananes remplaçant les oranges! En 2004, ces "diables" de Chin-Chins ont débarqué sur la Grand-Place à bord d'un authentique blindé.
  • 2005: Visite de trois experts de l'UNESCO, dans le cadre de notre candidature au Patrimoine oral et immatériel de l'humanité.
  • 2006 : Visite royale ! Le Roi Albert II et la Reine Paola nous ont fait l’honneur d’assister à la Montée du Car d’Or et au Combat dit Lumeçon. Les acteurs seront présentés aux souverains après le Combat, dans les Jardins du Mayeur.
  • 2007 : Aramis Tournay, qui fut un saint Georges très populaire entre 1953 et 1983, nous quitte et entre dans la légende de la Ducasse rituelle. Un hommage public lui est rendu sur la Grand-Place de Mons, le jour de ses funérailles.
  • 2008 : Pour la première fois, le Petit Lumeçon se déroule sur la Grand-Place de Mons et non au Waux-Hall. Enorme succès !
  • 2010 : Olivier Tournay reprend le rôle de saint Georges, après 17 années de Lumeçon en tant que Diable. Son propre fils, Victor, assure le même rôle lors du Petit Lumeçon. Fabrice Kotulski, graphiste, remporte pour la 3e fois le concours « Doudou illustré » en seulement 4 éditions. Son visuel est ainsi de nouveau repris sur les t-shirts et sur l’affiche officielle. Cette année-là encore, le Petit Lumeçon se déroule dans des conditions climatiques dantesques ! Cette édition restera gravée dans les mémoires et sur les costumes de bien courageux « petits » acteurs.